SAKEENA — MON HISTOIRE, RACONTÉE PAR MOI, PETITE CHATTE SIAMOISE RÉCHAPPÉE DE LA RUE

Je m’appelle Sakeena. Je suis une chatte siamoise, née quelque part dans un coin du monde que j’ai rapidement oublié, parce que ma vie d’avant n’était faite que de froid, d’errance et de silence. Personne ne connaissait mon nom. Personne ne savait que j’existais. J’étais une chatte errante, frêle, abandonnée, invisible parmi les ombres.

Le 8 janvier 2025, tout a changé.

Ce jour-là, j’étais tellement faible que je ne savais plus si mes pattes me tenaient encore debout. La rue me dévorait depuis trop longtemps. Mon corps était cassé, mon souffle court, et mon pelage de chat siamois, autrefois doux, n’était plus qu’un souvenir lointain. Je n’attendais plus rien. Je survivais simplement, minute après minute.

Et puis… une main s’est tendue vers moi.

Pas une main méfiante. Pas une main lourde d’indifférence comme celles que j’avais croisées tant de fois. Non. Une main douce. Une main qui tremblait un peu, comme si elle avait peur de me faire mal. Une main qui savait déjà que j’étais fragile.
Je l’ai laissée m’approcher. Je n’avais plus de forces pour fuir. Et quelque chose au fond de moi — quelque chose que je croyais mort — m’a soufflé que cette main-là avait une intention différente : sauver.

Voilà comment commence mon histoire de chat sauvé de la rue, une histoire qui devint un cocon d’amour, de soins, de douceur et de lutte.

LE JOUR OÙ J’AI ÉTÉ RECUEILLIE : LA FIN DE LA RUE, LE DÉBUT DE LA VRAIE VIE

Quand ils m’ont portée pour la première fois, mes muscles se sont relâchés comme si mon corps savait enfin qu’il pouvait abandonner la survie. Je tremblais. Pas seulement de froid, mais d’une émotion étrange que je n’avais pas ressentie depuis longtemps : la sécurité.

Ils m’ont enveloppée dans une couverture chaude, ont murmuré des mots que je ne comprenais pas mais dont je ressentais la douceur. C’était la première fois que je sentais un refuge d’amour.
Je n’avais jamais connu ça.

Les humains ont rapidement compris que mon état était grave. Ils ont parlé de maladies multiples, d’infections, de reins fatigués, d’anémie sévère. Leur regard se posait sur moi avec inquiétude, mais jamais avec regret. Je n’étais pas un fardeau. J’étais une petite vie à protéger.

On m’a conduite chez le vétérinaire. Beaucoup d’examens. Beaucoup de piqûres. Beaucoup d’odeurs de peur. Mais à chaque instant, ces nouveaux humains étaient là. À chaque fois que j’ouvrais les yeux, la même main douce caressait ma tête. Même lorsque mon corps tremblait de fatigue, je n’étais plus seule.

Je ne savais pas encore que j’entrais dans une longue période de soins vétérinaires, de traitements quotidiens, de médications, de nourriture adaptée, de convalescence. Je ne savais pas non plus que malgré mon état très fragile, j’allais montrer des signes d’amélioration, faibles mais réels, qui allaient remplir leur cœur d’espoir.

UN COCON DOUX, CHAUD, LÀ OÙ J’AI APPRIS À RONRONNER À NOUVEAU

Les premiers jours furent les plus difficiles. J’étais une chatte malade, épuisée. Je mangeais peu, je buvais peu, je dormais presque sans interruption. Mon corps luttait. Mais j’étais dans un cocon. Et ce cocon, c’était tout ce que je n’avais jamais eu.

On m’a donné de petits repas tièdes, choisis avec soin. On m’a installée dans une pièce calme. On a veillé sur mes respirations. On a nettoyé mes blessures avec une infinie douceur. On a ajusté chaque détail pour m’apporter du confort, comme si j’étais un trésor fragile.

Je me souviens d’un soir, quelques jours après mon arrivée. Je dormais sur une couverture épaisse, et j’ai ouvert les yeux pour les voir assis près de moi, simplement en train de m’observer, comme si ma petite vie les fascinait.
Alors j’ai ronronné.
Un ronron minuscule, tremblant, presque inaudible. Mais un vrai ronron.

Ce fut mon premier cadeau.
Et leur première victoire.

Ils ont pleuré. De soulagement, je crois. De joie aussi, sûrement. Ils ont compris que malgré tout, malgré mes maladies, malgré mon passé, j’étais encore là. Encore vivante. Encore capable d’aimer.

Et c’est là que j’ai senti naître en eux une énergie nouvelle :
l’envie de se battre.
L’envie de combattre avec moi.
L’envie de devenir ma force lorsque la mienne m’abandonnait.

MA CONVALESCENCE : PETITES VICTOIRES, GRAND AMOUR

Les semaines ont été rythmées par les soins. Je recevais des médicaments, des injections, des perfusions parfois. Mon appétit revenait par intermittence. Certains jours, mon corps reprenait vie ; d’autres jours, il m’abandonnait à nouveau.

Mais je n’ai jamais été seule.

Je découvrais jour après jour cette sensation que je n’avais jamais connue :
celle d’être importante.

Une chatte rescapée, oui.
Une chatte en convalescence, oui.
Mais surtout une petite âme entourée d’amour.

Je me suis mise à explorer doucement ma nouvelle maison. Je trouvais les rayons de soleil, les coussins moelleux, les odeurs familières. Je me frottais timidement contre leurs mains. Je me blottissais contre leur ventre sur le canapé. J’aimais leurs voix, leurs pas, leur chaleur.

Un jour, j’ai même bondi — clumsily, mais bondi tout de même — pour rejoindre un rebord de fenêtre. Ils ont applaudi. Moi, j’étais fière. Mon corps était faible mais mon esprit était vivant.

Je faisais tout pour leur montrer que j’essayais. Que je voulais rester. Que la vie, malgré tout, avait encore un goût doux.

LES RECHUTES… ET LA FORCE DE NOTRE LIEN

Mais la maladie était plus forte que moi. Mes problèmes rénaux, mon anémie, mes infections chroniques… tout revenait par vagues. Chaque amélioration semblait suivie d’une rechute.
Je voyais leur tristesse.
Je sentais leur inquiétude.
Je percevais la fatigue aussi, parfois.

Mais leur amour ne faiblissait jamais.

Ils continuaient les traitements, les visites vétérinaires, les soins quotidiens. Ils restaient éveillés les nuits où je respirais mal. Ils me prenaient contre eux lorsque mes forces déclinaient.
Ils m’aimaient avec une intensité que je n’avais jamais connue.

Et moi… moi, je me battais pour eux.

Je leur donnais des ronrons, des regards doux, des petits gestes. Je leur offrais ce que je pouvais : ma présence, mon courage silencieux, mon affection.
C’était notre pacte.
Notre façon de survivre ensemble.

11 SEPTEMBRE 2025 — MON DERNIER SOUFFLE, MAIS PAS LA FIN DE MON HISTOIRE

Ce jour-là, mon corps a décidé d’arrêter le combat.
Je n’avais plus de forces. Plus de souffle. Mes yeux se fermaient sans que je puisse les retenir.

Mais j’étais dans leurs bras.
J’étais enveloppée d’amour, de chaleur, de murmures doux.
Je n’avais pas peur.
Je n’avais plus mal.
Je n’étais pas seule.

Je me suis endormie une dernière fois.
Et je suis partie doucement, comme un souffle qui s’éteint.

Pour eux, ce fut une déchirure.
Pour moi, ce fut une délivrance.

Mais surtout… ce ne fut pas la fin.

Parce que les animaux qui ont été aimés, vraiment aimés, ne disparaissent jamais complètement. Nous restons dans les gestes, dans les souvenirs, dans le silence de la maison, dans la lumière du matin qui rappelle un pelage crème, dans les ombres qui évoquent une petite silhouette.

CE QUE JE VOUS LAISSE : MON HÉRITAGE DE PETITE CHATTE SAUVÉE

Je n’ai vécu que quelques mois auprès d’eux.
Moins d’une année.
Mais j’ai vécu mieux que jamais auparavant.

J’ai connu :

un foyer
un lit chaud
des caresses
des soins vétérinaires
des regards doux
des mots chuchotés
un cocon tendre
une fin pleine d’amour.

Quand on raconte l’histoire d’un chat recueilli, on pense souvent à la souffrance. Mais moi, je veux que l’on se souvienne de la lumière. De l’amour. De ce que le sauvetage animal peut créer de beau : un lien unique, puissant, indestructible.

Je laisse derrière moi un message :
chaque chat abandonné mérite une chance.
Chaque chat errant peut devenir une étoile dans un foyer.
Chaque chat malade peut recevoir une douceur précieuse qui transformera sa fin de vie.
Chaque petite vie sauvée compte. Même la mienne.

Je ne suis plus là physiquement.
Mais je vis dans leurs cœurs.
Je vis dans cette page hommage.
Je vis dans chaque personne qui lit mon histoire et se dit :
« Moi aussi, je peux sauver un animal. Moi aussi, je peux changer une vie. »

Je suis Sakeena.
Petite chatte siamoise recueillie le 8 janvier 2025, partie le 11 septembre 2025.
Un passage bref sur Terre,
mais un passage rempli d’amour.

Et maintenant, c’est à vous de porter mon histoire.
De la partager.
De l’honorer.
De continuer, à travers moi, à tendre la main à ceux qui attendent encore dans le froid.